
La justification par la foi
Avec cette leçon, nous entrons au cœur des grandes vérités bibliques. Elle nous montre à la foi de quelle manière Dieu présente le salut à l’homme et ce que l’homme doit faire pour se l’approprier. Il y a la part de Dieu et aussi celle de l’homme, les deux se complétant réciproquement.
1. Dieu seul peut sauver l’homme
Nous savons déjà que Dieu a aimé l’homme jusqu’à donner son fils unique pour le sauver (jean 3 16), et qu’en se livrant, il a exécuté un dessein éternel conçut dès avant la création du monde (éphésiens 3 11). L’homme est asservit a une double misère : il est coupable devant Dieu et sujet à une condamnation irrémédiable, il est incapable de s’affranchir du péché qui habite et règne en lui.
Ne pouvant se libérer lui-même de sa triste condition, il ne peut espérer le salut que de Dieu. « C’est moi qui suis l’Eternel et en dehors de moi il n’y a point de sauveur (Esaïe 41 11).
C’est par son Fils Jésus (nom qui veut dire sauveur) que Dieu veut sauver l’homme et comme l’a dit l’apôtre Pierre (actes 4 12), « il n’y a de salut en aucun autre car il n’y a sous le ciel aucun autre nom qui est été donné parmi les hommes par lequel nous devrions être sauvé ».
2.Nécessité de la repentance
Pour entendre la voix de Dieu, il faut que l’homme sente le besoin d’être sauvé. Le jour de la pentecôte, des milliers de gens assemblés sur une des places de Jérusalem, après avoir entendu le discours de Pierre, éprouvaient ce besoin et demandèrent aux apôtres : « Hommes frères, que ferons-nous ? (actes 2 37- 38). Le geôlier de Philippe était poussé du même sentiment quand il se jeta au pied de Paul et de Sillas en s’écriant : « que faut-il que je fasse pour être sauver ? » (Actes 16 30). L’apôtre Pierre avait répondu comme Jean-Baptiste, comme Jésus lui-même (Matthieu 3 1-2 ; 4 17) : « repentez- vous » et l’apôtre Paul avait dit : « croyez au Seigneur Jésus… ». Ces deux réponses s’accordent parfaitement pour montrer deux d’une seule et même œuvre. Pour avoir le désir d’être sauvé, l’homme doit être convaincu que son cœur est « incurablement mauvais » (Jérémie 17 9), qu’il est un « enfant de colère, étranger à la vie de Dieu » (éphésiens 2 3 ; 4 18 ; 1 corinthiens 2 14), qu’il est « égaré dans les ténèbres » (romains 1 21) et qu’il lui est être réparé. Cela comporte parfois des démarches pénibles mais qui profite à celui qui s’y décide d’inestimables satisfactions.
Dison enfin que les saintes écritures ignorent la confession auriculaire et que celle-ci s’est introduite au treizième siècle seulement, sanctionné pour la première fois dans l’église par le canon XXI du concile de Latran tenu en 1215. impossible de se libérer s’il est réduit à ses propres forces. Il doit aussi, et en même temps, recevoir la révélation de l’amour de Dieu par les mille moyens dont se sert la providence ce qui lui permet de découvrir les perfections divines et, par contraste, de mesurer sa propre déchéance à lui.
C’est alors que, courbé sous la douleur de sa culpabilité, il s’est ’humilie dans la poussière, pleure sur ses fautes et, sincèrement repentant, s’avoue enfin vaincu pour implorer la délivrance de Dieu dont il commence à entrevoir l’amour insondable.
3. La confession des péchés
La repentance sincère mène à la conversion, c’est-à-dire, à la régénération, à la nouvelle naissance ; mais entre la repentance et la conversion se classent deux faits très importants : la confession des péchés faite par l’homme pécheur et le pardon, c’est-à-dire la justification du pécheur accordé par Dieu.
Pour être délivré de son sentiment de culpabilité et d’esclavage, le pécheur doit tenter une démarche pénible ; il doit prendre l’initiative de s’humilier, de s’accuser devant Dieu et de confesser ses péchés, s’écriant comme le publicain de la parabole : « oh Dieu, soit apaisé envers moi qui suis un pécheur » (Luc 18 13).
Cette confession peut-être valable, doit être autre chose qu’une reconnaissance vague et anonyme de fautes non spécifiées ; elle doit être individuelle et faire mention des péchés en détails. Elle doit être sincère et complète.
« Celui qui cache ses transgressions ne prospère point ; mais celui qui les avoue et les délaissé obtient miséricorde. » (proverbes28 13). Ajoutons la sincérité dans la confession implique que le péché s’engage à compenser de toutes les manières possibles les dommages qui ont été causés par sa faute à des tierces. Si tout péché est d’abord une offense à Dieu et, de ce fait, doit être confessé à Dieu, la faute commise à l’égard du prochain doit être aussi confessé à celui-ci et, autant que possible qui manque au pécheur et dont il a absolument besoin pour être acquitté se trouve pleinement en Jésus Christ, lequel, en se rendant obéissant jusqu’à la mort à tous ensemble subit la malédiction de la loi et satisfait à toutes ses exigences.
« Le Christ nous a racheté de la malédiction de la loi, étant devenu malédiction pour nous. » (galates3 13)
En Jésus Christ se concilient les revendications de la justice de Dieu et les promesses de son amour. En lui, Dieu pardonne ; c’est-à-dire qu’il donne « par-dessus », sans se faire le complice du mal, sans se rendre tolérant à l’égard du péché ni indifférent à l’égard du pécheur. Jésus Christ, en versant son sang, nous purifie de tout péché et nous rend juste devant Dieu et sa loi. « Sans effusion de sang, il n’y a pas de pardon » (hébreux 9 22) ; or « le sang de Jésus son fils nous purifie de tout péché… Nous sommes justifiés par son sang. » (1jean 1 7 ; romains 5 1)
Le Christ a subit à notre place le châtiment prévu par la loi : celui qui n’a point connu le péché, Dieu l’a fait devenir péché pour nous afin que nous devenions en lui justice de Dieu. (2 corinthiens 5 21)
Jésus Christ a donc été fait pour nous « sagesse, justice, sanctification et rédemption » (1corinthiens1 30), accomplissant la prophétie de Jérémie 23 :6, annonçant que le messie serait appelé : notre justice.
4. Le pardon de Dieu
Par une confession sincère, le pécheur obtient le pardon de Dieu. La dette est remise au débiteur qui est insolvable. Ce n’est pas une illusion, un produit de l’imagination, c’est la joyeuse réalité.
« Je t’ai fait connaitre mon péché dit le psalmiste (psaume 32 5), je n’ai pas caché mon iniquité et tu as effacé la peine de mon péché. » Dieu le déclare textuellement : « c’est moi, moi qui efface tes transgressions. Pour l’amour de moi, je ne me souviendrai plus de tes péchés. » Et l’apôtre Jean dit de son coté (1jean1 9) : « si nous confessons nos péchés, Dieu est fidèle et juste pour nous les pardonner et pour, nous purifier de toutes iniquités ».
Si Dieu pardonne ainsi aux pécheurs repentants, ce n’est pas que ses perfections s’accommodent de nos faiblesses ou que sa pureté supporte le contact de nos misères, c’est que Jésus Christ, le Juste, le Saint, l’Innocent, a payé notre dette, est mort à notre place et qu’il est devenu notre médiateur, notre avocat, l’intermédiaire par lequel nous avons désormais accès auprès du père.
Car il y a « un seul Dieu, et aussi un seul médiateur entre Dieu et les hommes, Jésus Christ homme, qui s’est donné lui-même en rançon pour tous… Et si quelqu’un a péché, nous avons un avocat auprès du père : Jésus Christ le Juste… Par lui nous avons les uns et les autres accès auprès du père. » (1 Timothée 2 5 ; 1 jean 2 1)
5. Justifiés par le sang du Christ
En pardonnant, Dieu absout le coupable et justifie l’impie. Le pécheur est déclaré juste par Dieu et traité comme tel. La sentence d’absolution ne vient donc pas de l’innocence de l’accusé, mais de la miséricorde du juge. Pourtant Dieu ne cesse pas d’être juste car cette justice mais celui qui refuse de croire au Fils ne verra point la vie mais le courroux de Dieu demeure sur lui. »
L’apôtre Paul qui avait escorté le geôlier de Philippe à croire, (actes 16 31), écrit aux chrétiens d’Ephèse (éphésiens 2 8) : « c’est par grâce que vous êtes sauvés par le moyens de la foi. Et cela ne vient pas de vous, c’est le don de Dieu. » (Voir romains 3 24)
Dieu fait miséricorde à tous les hommes : « Dieu a renfermé tous les hommes dans la désobéissance, pour faire miséricorde à tous » (romains 11 32). Il veut que « tous les hommes soient sauvés. » (1 timothé2 V4).
La mort de son fils met la justification à la portée de tous les hommes indistinctement (voir romains 5 18). Mais le dessein miséricordieux du père ne se réalise que pour ceux qui, par la foi, acceptent le salut. Du côté de l’homme, l’acceptation par la foi est la condition de son salut. S’il y a beaucoup d’appelés, il y a malheureusement peu d’élus (Mathieu 22 14).
6. La part de l’homme
L’homme doit aussi faire sa part. Il ne peut rien faire sans Dieu, mais Dieu ne veut rien faire sans lui. Dieu ne le contraint pas, il lui demande tout simplement de croire. Le prophète Habacuc (2 4) l’avait dit avec force : « le juste vivra par sa foi. » Le Christ le répète dans la merveilleuse déclaration qui résume tout l’évangile (jean 3 16) : « Dieu a tellement aimé le monde, qu’il a donné son fils unique, afin que quiconque croit en lui ne périsse point mais qu’il ait la vie éternelle.» et ailleurs (jean 3 36) « celui quiCroit au fils a la vie éternelle « Dieu nous a sauvé, non à cause des œuvres de justice que nous aurions fait mais selon sa miséricorde. » (Titre 3 5)
La justification du pécheur n’est donc pas la conséquence de ses mérites, la récompense de ses œuvres ou ses mortifications quoiqu’il fasse, il est condamné à mort mais une grâce que Dieu lui fait, un don gratuit qu’il lui offre et que les seules mérites du Christ lui ont acquis. Pour être déclaré juste devant Dieu, le pécheur doit s’approprier par la foi l’œuvre rédemptrice du Christ.
8. La foi imputée à justice
Dès que nous acceptons le salut, nous sommes regardés par Dieu comme justes à cause de notre foi : notre foi est imputée à justice c’est-à-dire comptée comme justice. (Romains 4 4 ; essaie 43 25) Au lieu de nous imputer nos péchés qui ont été expiés par Jésus sur la croix ou nos œuvres, qui sont toujours insuffisantes, Dieu nous impute notre foi.
L’exemple d’Abraham explique ce fait. Sa foi implicite en Dieu lui fut comptée comme justice ; il s’appropria par la foi l’œuvre rédemptrice du Christ : « Abraham crut à Dieu, et cela lui fut imputé à justice. » (Romains 4 3 ; galates 3 6.) On sait qu’Abraham obéit à Dieu. Cette obéissance lui conférait-elle quelques mérites à faire valoir pour sa justification ? Nullement. Il obéit parce que la grâce de Dieu lui en donna le pouvoir. Sa vie de soumission fut la conséquence de sa justification et non le moyen.
En résumé, nous sommes justifiés gratuitement, par grâce, par le moyen du sang du Christ, et nous nous approprions les bénéfices du sacrifice du calvaire par la foi.
Ainsi, Dieu est l’auteur de la justification du pécheur ; son amour en est la source ; la mort du Christ, dont le son satisfait aux exigences de la loi, en est le moyen ; la foi du pécheur s’appropriant les mérites du Christ en est la condition.
« Etant donc justifié par la foi, nous avons la paix avec Dieu par notre Seigneur Jésus Christ. (Romains 5 : 1)
7. Nul ne peut être justifié par les œuvres
La seule condition que Dieu met à notre salut, c’est que nous l’acceptions de tout notre cœur. Notre justification est donc une grâce que Dieu nous fait, et dont nous nous emparons par la foi.
La justice du Christ nous couvre d’un manteau d’une blancheur éclatante et nous débarrasse des haillons de notre propre justice. Nul ne peut se présenter devant Dieu s’il n’est couvert des vêtements de la justice du Christ.
C’est-à-dire que l’homme ne peut rien accomplir pour conquérir son salut. Il n’est aucune œuvre, si belle soit elle, dont il puisse se prévaloir, sinon le salut ne serait plus une grâce et la foi n’en serait plus la condition.
« Nul ne sera justifié devant Dieu par les œuvres de la loi… Ce n’est pas par les œuvres de la loi que l’homme est justifié, mais par la foi en Jésus Christ » (romains 3 20 ; galates2 16 ; philippins 3 9)
